Les mots qui me viennent sont paradoxaux. Étrange sensation de n'appartenir qu'à son regard, de ne vivre que dans un souffle, de ne voir qu'à travers ses mots. Mais aussi un mélange de culpabilité de ne tenir qu'à un fil, d'être dans un doute permanent. Il est si parfait, je ne suis rien sans lui. Il est tout pour moi. Je n'ai que des piètres mots à lui offrir. Je ne suis pas celle que l'on croit, mon apparence n'influe en rien sur mon état d'esprit. J'ai beau être lucide, le rêve l'emporte sur la réalité. Mélancolie, nostalgie. Ce ne sont que mots indicibles. C'est les gestes, pas les mots, dont j'ai besoin pour être bien. Un manque d'affection au plus profond de soi. J'ai besoin d'être dans ses bras, j'ai besoin de sa présence près de moi. Non, je ne parle pas d'amour, car ce n'est juste qu'un voile apparent qui cache cette inéluctable solitude. On me reproche de ne rien savoir sur la vie. Pour moi, tout est noir ou blanc. En un sens, tout est poussé à l'extrême. Ce n'est pas que j'ignore les répercussions possibles de mes actes, c'est plutôt que je suis persuadée qu'il n'y en a pas. C'est un mal-être persistant, et j'en suis convaincue. J'ai besoin de lui comme il a besoin de moi. Nous avons besoin de nous. N'ai-je pas été assez naïve jusqu'à aujourd'hui pour croire en lui, pour croire en tout ce qu'on a construit durant ces secondes, ces minutes, ces heures, ces jours, ces semaines, ces mois? La réminiscence me fait redescendre. Et je tombe. Mais pour l'instant, tout va bien. Ce n'est pas la chute qui fait mal, mais l'atterrissage. Un manque à ma vie. Une blessure profonde. Le pardon n'est que temporaire, le mal fait réapparaît aussitôt qu'il a disparu. On essaie d'oublier, j'essaie de l'oublier. Il a tellement compté dans ma vie, que je ne peux pas oublier tout ce qu'on a partagé. On vit au jour le jour, minute par minute, espérant que la prochaine soit moins douloureuse que la précédente. Mais je ne peux continuer ma vie sans lui. Les souvenirs m'accablent. Je ne sais plus si ma vie a un sens. Je ne vois plus en moi la fille que j'étais ; je ne vois que le reflet du mensonge qui m'assaille. Mon c½ur est désorienté sans lui. Dois-je encore attendre une nouvelle fois ? ... ____________________ 06 . 02 . 2009 _______ M. ____ Je t'aime.